Blog mode à tendance rock et à variations littéraires et musicales. Mode en séries, découverte de créateurs, vente en ligne de mes créations bijoux (INDIE), revue de must have, chroniques de bouquins et de CDs, vide-dressing...
Il y a des week-ends comme ça, où aucun projet ne semble convainquant. Ce sont des week-ends où il vaut mieux opter pour le rien, plutôt que le n’importe quoi à tout prix. Rien ou presque. Ma seule sortie du week end, la voici en séquences photos. Une immersion dans le passé, chez ma grand-mère. Une plongée dans les souvenirs de ma vie chez elle à une époque, un saut dans le temps. Celui des années 70, date de son installation avec mon grand père dans cet appartement qui semblerait ne pas vieillir et dont seule la décoration, quoique furieusement tendance, rappelle une époque révolue.
J’aime cet appartement parce qu’il surplombe Paris avec ses incommensurables baies vitrées qui donnent le sentiment d’être en équilibre au dessus de la ville. Une vision vertigineuse qui emplit la tête d’évasion. J’aime ces grandes tours modernes qui se dressent sans hiérarchie dans le ciel parisien, leurs lumières éparses qui nous rendent infiniment petits.
J’aime cette démesure qui s’apparente à l’esthétisme sentimental d’un Lost in Translation. Que j’ai du coup revisionné ce week-end pour boucler la boucle. J’aime me sentir perdue dans de grands espaces, être en terrain inconnu, presque inquiétant et y trouver des ancrages qui rassurent de manière disproportionnée, irrationnelle.
J’aime singulièrement ce film, ces plans photographiques qui agressent au détour des néons de la ville, qui caressent au gré des rondeurs voluptueuses d’une Scarlett Johansson sans fioritures inutiles, qui saisissent d’une émotion sincère et pure dans l’échange lacunaire qui unit ses deux héros. J’aime la rencontre, sa magie, sa surprise. L’inachevé, l’impossible, le rêve et les promesses pleines d’espoir qu’ils laissent au coeur. J’aime le rire rauque de la demoiselle qui jure avec ce physique d’une sensualité provocante autant qu’inévitable, j’aime l’humour triste de Bill Murray, son visage imparfait où se lit tellement de tendresse. J’aime ne pas savoir ce qu’il lui murmure à l’oreille et qui fit couler tellement d’encre. Penser que certains mots n’appartiennent qu’à nous, pour toujours.
J’aime m’évader loin de la vraie vie quand elle me boude un peu. Emplir le vide de l’humeur par l’émotion d’un opéra de Maria Callas qui rend les dimanches tristes, simplement beaux.
Plus qu’une série mode, voici quelques instantanés d’un moment suspendu dans le temps et l’espace. Ma version personnelle d’un Lost in Translation, avec en filigrane, la présence rassurante, enveloppante de ma chère grand-mère que j’aime profondément. Ce qui n’est sûrement pas pour rien dans l’attachement que j’ai pour ce lieu.
En attendant de retrouver très bientôt ma complice Julie pour de nouvelles expérimentations vestimentaires plus ludiques. Mais ne faut-il pas savoir vivre la mélancolie pour ressentir d’autant plus fort le bonheur ?
Jupe cuir H&M
Gilet Chloé
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