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Cher Pete, ou plutôt Peter, sorry darling… Tu l’as pas volé ton « r » de maturité j’avoue... Je me refusais totalement à céder à toi, dandy décadent tellement cliché, qui se tape que des it girls britanniques. Trop facile, trop évident. La faute à Bat For Lashes qui m’a attirée jusqu’à la Fnac ce lundi pour la sortie du deuxième album. Et là, sur la borne d’écoute, tu m’attendais tranquillement avec Grace/Wastelands.
Aux premières notes de la deuxième mélodie Last of the English Roses, je succombe. Elle est belle ta voix qui se pose, avec quelques réminiscences de tes cris d’ancien déluré dans le timbre. Ils envoûtent comme il faut tes arrangements, ta guitare que tu gratouilles, ok, ok, la midinette qui sommeille en moi veut bien transiger deux secondes pour un sourire en coin, en se laissant bercer par tes balades, rockeur...
Oublié ton teint blafard et tes chicos pourris qui ont pu remettre sérieusement en question les goûts de Miss Kate en matière de keums. Le charme opère, oui, oui, oui.
C’est tantôt country ringard, à la limite du road trip sur la route 66. Un coup d’Harmonica et de guitare folk avec ce timbre à la The Virgins et là, effet immédiat : grand pré vert sous la bruine, marguerite entre les dents. Je voyage, je m’évade. Gagné. Surprise à tous les étages : accords à la Keziah Jones, claviers bluesy, jolie mélancolie teintée de rock retenu, sample à la Gainsbarre un peu décadent. C’est lancinant, c’est délicat, comme une valse qui emporte dans son tourbillon. Les entrées en matière sont toujours délicieuses… Et là je me dis que si, si, peut être derrière tes yeux de jais cerclés, ton chapeau vissé, il y aurait bien un mec talentueux qui n’a pas fait qu’érotiser les soi-disant rockeuses de l’époque Libertines ou Babyshambles. Il se pourrait bien aussi qu’il y ait un type capable d’emballer leurs grandes sœurs avec ce petit bijou ténébreux et poétique.
Peter, Peter, ça faisait longtemps qu’un garçon n’avait pas caressé la corde sensible….
Thanx honey...