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Blog mode à tendance rock et à variations littéraires et musicales. Mode en séries, découverte de créateurs, vente en ligne de mes créations bijoux (INDIE), revue de must have, chroniques de bouquins et de CDs, vide-dressing...

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VIENS LA QUE JE TE TUE MA BELLE par BORIS BERGMANN

Je trouvais le titre très prometteur. Ca aurait pu être celui d’une chanson de Gainsbourg ou d’un film ringard des années 90. Moi je lui ai trouvé ce quelque chose de délicatement sombre, de délicieusement romantique qui effleure le cliché de mauvais goût en lui gardant tout de même ce qu’il faut de mystère. Je savais pourtant qu’il s’agissait des écrits d’un jeune homme évoluant dans le sillage des NAAST, ce groupe aussi talentueux que fulgurant de la jeune scène rock dandy française….

 

 

 

 

 

 

 

 

Le problème n’est pas tant que le style soit encore un peu pauvre. Il est de l’acabit d’un jeune homme de 15 ans, Boris Bergmann donc, qui reçu néanmoins de Frédéric Beigbeder- est-ce un signe ?- le prix de Flore du Lycéen 2007.


 

Ce n’est pas tant que l’histoire soit creuse. N’est-ce pas le propre de la vie adolescente de toute façon ?...D’autant plus lorsqu’elle se déroule dans ce décor de simulacre rock qui tient lieu de tendance générationnelle depuis quelques années. Et dont les fondements n'ont de communs avec le rock que l’esthétisme et non l’essence même.

Ce n’est pas tant que cet égotisme, ce narcissisme revendiqué (qui ont le grand mérite d’être absolument lucides et explicites), cette fadeur des aspirations du jeune héros Isidore, soient dénués d’intérêt romanesque, tournant incessamment autour d’une violence incontrôlable et délibérée qui est le fil conducteur du roman….

 

C’est plutôt qu’il s’agisse d’un journal imaginaire, où l’emphase des actes  dépeints, est certainement inversement proportionnel au vécu réel de l’auteur. Ce qui nous revèle un peu plus la passivité de cette génération qui a des idoles plein la tête mais pas forcément le courage de son propre destin...Car de fait le rock’n roll n’est pas tant un look ou une musique qu’une attitude, un lifestyle qui ne se décide pas mais qui s’impose à soi, par la force de sa nature personnelle. Les errances nocturnes, l'alcool, le sexe ici présents, sont des ingrédients galvaudés d'un état d'esprit rock dont le vrai propos est avant tout une liberté d'acte et de paroles.



Le vrai point positif, c’est l’honnêteté de cette obsession rock’n rollesque qui se meut en choix de vie à l’âge où chacun se décide obligatoirement pour un socio-style. C’est cet aveu du superficiel tellement tentant, tellement grisant, qui anime tous ces jeunes dandies écervelés essayant de se créer un personnage à travers des fringues d’un autre temps(  qui ont néanmoins la vertu de leur donner plus d'allure que ne le font les consensuels baskets et jeans des sorties de collège….)

L’autre point touchant, c’est la désillusion amoureuse qui est le fardeau de tout adolescent, et apparaît comme seul ancrage affectif dans cette bulle d’apparences qu'est le quotidien d'Isidore. Qui replace le personnage dans un réel plausible et le rend plus attachant car plus crédible.

Sans cela - et c’est certainement un peu le propos de cet auteur qui sait qu’en se faisant détester à crier ainsi sa vanité, au moins, il existe plus fort - ce récit confirme une chose : que l’adolescence est l’âge des excès , nécessaires autant que risibles, de la construction de soi, précaire autant qu’inquiétante, des idéaux infondés, inintelligibles autant que sensibles.

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