Il y avait cette femme dans le métro. Sans visage. Deux yeux perdus derrière le voile de la soumission.
Une femme qui baissait les yeux, interdite, isolée et son mari certainement à côté, éteint, sévère qui veillait.
Il y avait sous cette épaisse couche de tissus qui enveloppe des pieds à la tête, une femme, une vie, une existence d'absence au monde, d'anonymat, de mutisme. Il y
avait cette pesanteur du regard sur mes jambes dénudées en été, mes épaules honteusement offertes. Il y avait cette résignation contradictoire avec le cri de liberté de ma peau déballée. Il y
avait cette femme qui m'a dit sans aucun mot combien la vie peut être déterminée par ce que l'on porte. Mais aussi combien l'être ne peut se résumer à cela.
Promis je reviens à des choses nettement plus légères très bientôt...