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Non Scarlett n’est pas un homme. La voix ténébreuse et enveloppante de « Anywhere I lay my head » est bien celle de la bim-bobo starlette de Woody Allen et consoeurs.
Inattendue, envoûtante. Une pochette qui évoque l’univers de Nick Cave, qui invoque celui de Tom Waits, forcément ce sont des reprises de l’artiste tourmenté inclassable, qui transporte dans une
ambiance d’un autre temps, accentuée par les orgues, une ambiance qui n’est pour autant pas dénuée de modernité, avec les chœurs de David Bowie comme ponctuation légendaire de ces mélodies
nonchalantes.
Je ne l’invente pas mais de fait il y un peu de Sonic Youth mélangé à Cocteau Twins dans cette ambiance unique où l’on imagine scénographiquement la belle aux lèvres généreuses dans un abandon langoureux et suave. Cette voix sourde la rend même élégante et crédible, si besoin...
Elle n’a pas une grande voix, il n’y a pas d’envolées lyriques, mais du mysticisme dans son approche dépouillée de ce musicien pas forcément si connu du grand public.
Sa voix très grave reste en retrait derrière les instruments et rappelle, dans un tout autre style, le petit filet de voix d’une certaine fille Gainsbourg qui n’a pas eu besoin de pousser la note très haut pour livrer un album idéal.
Ici c’est un univers qui va toucher, une approche sensible et artistique de la musique.

Scarlett est la féminité incarnée mais cette ambivalence avec sa voix de garçonnet en train de muer est une injustice supplémentaire de la nature, qui crée cet équilibre parfait sans lequel la poupée hollywoodienne passerait probablement pour une odieuse usurpatrice écervelée.
Les rythmes lancinants embarquent dans un voyage onirique où Scarlett sorte d’Alice aux pays des merveilles vous accompagnera délicatement.