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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 19:15

Connaissez-vous ce sentiment grisant d’être l’élue ? Cette impression que l’on ouvre les portes simplement pour vous ? Et bien c’est ce que j’ai ressenti  il y a quelques jours, alors que je trouvais enfin le temps de me rendre à l’adresse très convoitée de la rue Jean-Pierre Timbaud à Paris,  abritant la caverne de Chloé-Baba.

A l’arrivée, des vitrines masquées par le dos des affichettes indiquant les prix bradés. Une boutique ne payant pas de mine somme toute, un « Paris pas cher » de luxe. Première sueur froide, la porte résiste alors qu’il y a lumière et humanité à l’intérieur…Tout va bien,il faut sonner, comme chez les bijoutiers de luxe. On vient m’entrouvrir,  le visage pas nécessairement égayé par ma présence. De fait les lieux sont vierges de toute cliente.

Je me dis qu’il suffit de brandir le papier imprimé de l’invitation qui a traîné dans mon sac depuis 3 mois et que m’avait gentiment fait suivre une de mes copines journaliste. Pas du tout malheureuse!! Il me faudra bien plus de répartie  pour qu’on me laisse fouler la terre promise. Je sors l’ultime joker qui me vient à l’esprit en désespoir de cause, mais néanmoins le plus légitime : « J’ai travaillé pendant un an chez Chloé … » L’œil devient vif, le bras se détend sur la poignée, mon interlocutrice me scrute incrédule et je lâche honteusement : « Vous pouvez les appeler si vous voulez vérifier ? »

C’est le bout du tunnel, pour mon ego en fin de course et pour le challenge personnel qui consiste à ne pas repartir bredouille. Etre bannie de ce lieu sacro-saint aurait été une défaite cuisante … Je sens bien que je joue ma seule et unique chance à cette minute. La cerbère hostile s’écarte pour me laisser passer, insistant bien sur l’exception de ce geste, alors que je me confonds encore en plates excuses rabaissantes. Mais il me faut un sac…

Etonnamment ici on ne guette pas le chaland. C’est un lieu d’initiés où seules les personnes intronisées ont leur droit d’entrée.  Je ne vous raconte pas l’impression d’extrême pouvoir quand tu es à l’intérieur ! L’espace est plutôt confiné mais il est  vrai que les richesses foisonnent : des duplicatas en quantités, mais pas tellement de diversité pour les vêtements. Cela dit je suis hors dates de ventes spécifiques… Pour les sacs en revanche je ne sais plus où donner de la tête : Edith, Silverado, Bay, Paddington… Ils me font tous de l’œil  avec leur prix barré de rouge qui annonce la couleur. Ici on fait des affaires de luxe  car, oui, un sac à 400 euros au lieu de 1000 c’est une affaire.

Je me donne donc une contenance pour ne pas avoir l’air d’une hystérique et griller mes chances de survie dans ce temple. Depuis mon entrée j’ai déjà repéré l’objet de mon désir, que je fais patienter puisque je suis seule dans la boutique. Le Betty - un prénom délicieusement rétro non ?-  un sac qui certes, n’est pas de la dernière collection, mais qui a toujours eu toute mon affection. Une sorte de petite merveille à multi-poches agrémentée de lanières, zips, ronds en laiton, mélange d’ argent et de doré qui ferait le bonheur de toute fille normalement constituée.

Je le glisse à mon bras alors que dehors des courtisanes se font refoulées par la gardienne du lieu sous prétexte de ne pas être sur la bonne liste. Vexées elles tentent une rébellion inutile. La vendeuse est très claire « Ici nous n’avons pas besoin de clients ». J’ai à ce moment le sentiment d’être dans l’obligation de ressortir les mains pleines,  sinon j’aurai failli à ma mission et déshonoré toutes les éconduites du lieu que je peux aujourd’hui venger.

L’organisation à l’air militaire, la vendeuse, un tantinet revêche, expliquera ensuite à sa collègue : « Elles ne vont pas me la faire, ça fait trois fois qu’elles tentent avec des arguments bidons ! ». Ah les filles je suis de tout cœur avec vous, mais today is my day !

Je finis donc par accepter psychologiquement de donner sa chance à ce fameux sac, qui pendu à mon bras devant le miroir me paraît être du meilleur effet. Je parviens  à réprimer la fièvre acheteuse qui me pousserait déjà à compléter cet achat par d’autres petites coquetteries futiles. Au max on m’autorise à acheter 4 sacs : recel, revente illicite, tout se bouscule …Et si j’inondais ma famille et mes amies de cadeaux de luxe pour les prochains anniversaires ? Je sors dignement mon chéquier pour y apposer un nombre à 3 chiffres en occultant merveilleusement le fait qu’en francs il en contiendrait 4! Un sac suffira pour cette fois-ci.

Le feu aux joues je m’apprête à sortir, lorsque soudain la vendeuse hostile- amadouée par le montant de l’achat ?- se précipite derrière moi pour me spécifier que les coordonnées que je viens de leur laisser pour apparaitre dans leur fichier,  vont me permettre dorénavant d’éviter la queue, de venir à tout moment du jour et de la nuit, hiver comme été,  sans avoir besoin d’y être conviée par les invitations que glanent en vain toutes les fans de la marque : « Vous êtes la bienvenue ». J’ai envie de l’embrasser fougueusement, de lui proposer de devenir ma meilleure amie pour les 5 prochaines années… C’est l’apogée de ma journée,  j’ai réussi l’impossible. Je m’en vais un grand sourire aux lèvres en remerciant poliment comme une gamine effarouchée.

 

Mes conseils pour acheter Chloé à bons prix :

-          - Se faire une copine dans la société reste le plus rentable : en interne les employés touchent les articles textiles, maroquinerie et See By Chloé à environs un tiers du prix.

Certes les commandes se font 6 mois avant livraison…. Le temps paraît donc très long et attention aux surprises : chèque encaissé à livraison (« Je l’avais oublié celui là… »), forme et couleur légèrement différentes des prototypes parfois, regret inévitable d’avoir choisi le cuir moutarde qui avait l’air si avant-gardiste l’hiver dernier mais ne va pas faire long feu dans les prochains mois. Penser basique, classique, investissement à long terme.

 

-          - S’inscrire sur les listes de l’espace de vente Adèle Sand & Voltaire récemment renommé, sorte de hangar des ventes privées de luxe ventes où il faut s’armer de patience.

La solution, la carte privilège : une broutille à 90 euros l’année mais qui vous permettra d’accéder aux ventes avant tout le monde et d’être prioritaire aux caisses (adieu longues heure de perdition à la verticale). Des prix intéressants, des modèles pas trop démodés et de la maroquinerie.

 

13 rue Jean Beausire, 75004 PARIS, 01 40 29 93 24

www.adelsandetvoltaire.com

 

-        -   TWIN 7 : le stock spécial Chloé donc, on l’a compris il va falloir user de malice pour y accéder.

Vous pouvez toujours envoyer votre « candidature » sur leur site internet.

 

8, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 PARIS

http://www.twin7.fr/presentation.html

 

-       -   NGR : Cet espace bien connu situé dans le 16 eme arrondissement propose généralement des modèles de l’année précédente, à saison correspondante, à des prix pas forcément les plus intéressants mais sur des modèles encore d’actualité. Regarder les dates sur le site internet ou payer l’inscription pour les recevoir par mail (10 euros) ou courrier (15euros) toute l’année. Sinon se présenter gentiment si vous êtes averties, là a priori on ne cherche pas à dissuader le client. Y aller au début des ventes car tout part très vite. Pour des ventes comme Isabelle Marant prévoir une heure de queue en venant au matin du premier jour…

L’avantage est qu’il reste ouvert le dimanche en fonction des ventes planifiées. Sinon il reste l’option Clichy (9 rue Petit), le stock NGR, troisième maillon de la chaîne…

 

40 bis rue de Boulainvilliers, 75016 PARIS

 www.espace-ngr.fr

 

-         -  YOOX.com  ou TOOLUXE.com : si vous ne craignez pas d’étrenner d’anciens modèles ces sites de vente online vous permettront de trouver régulièrement des basiques.

 

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 23:30

 

Petit jeu de questions/réponses sur les dérapages de la mode de ces dernières années :

-          Les désormais légendaires pour leur mocheté UGG : une botte fourrée disgracieuse à souhait qui se portait même par 40 degrés pour le supra snobisme.

L’argument de défense : « oui mais c’est un truc de cool en fait, c’est les surfeurs australiens qui les enfilent en sortant de la mer l’été . »

Doit on vraiment revenir sur la capacité de recul des planchistes frimeurs ? Je me fais des amis.

-          Les bottes de pluie en plastique : votre mère vous a seriné avec ça pendant des années quand vous étiez petite. Vous l’avez haïe intérieurement pour cet affront et maintenant vous collectionnez toutes les couleurs de l’arc en ciel pour les jours de pluie.

L’argument : « bah ouais mais je m’en fous du style, c’est quand même pratique quand il pleut ? »

Et là j’ai juste envie de dire à la manière d’une dinde outrée : « Genre !! »

-          Le foulard tête de mort : les vanités, ça ne vous dit rien. Au XVIII ème elles étaient le symbole de la mortalité de l’homme, pour l’empêcher de décoller égocentriquement du plancher des vaches. Je ne crois pas que cela soit la raison pour laquelle, narcissique ou non, vous avez laissé pendouiller à vos sacs, cous, oreilles des crânes dont vous vous moquiez normalement à Halloween.

L’argument : « c’est mignon ces petites têtes customisées qui font un peu rock’n roll ! »

Alors on reprend : oui c’est mignon tout ce qui est un peu moche pour une fille mode, sauf qu’il va falloir expliquer aux impies pourquoi, ça ne suffit pas. Mais là je vous laisse vous débrouiller.

-          Les spartiates : avis de grand retour des gladiateurs, les chaussures de Moïse are back in the city. C’est la le hic, des lanières en veux tu en voila, mais en ville, ça fait juste des trais de saleté entre les lignes.  Et puis elle monte, elle monte la spartiate, pas seulement dans les sondages, quoiqu’elle culmine depuis 3 étés quand même au top, mais aussi sur le mollet et là ça boudine, c’est traître une spartiate.

L’argument : « Enfin c’est quand même plus joli que la tong qui claque au vent non ? »

Certes la tong à ce je-ne-sais-quoi de beauf, mais elle l’assume sans vergogne, tandis que la spartiate filoute, en proposant la même chose en version plus sophistiquée. Le résultat est là : c’est plat, un moine pourrait avoir envie de vous les piquer mais la gente masculine sexuée continuera à juste titre de se plaindre de son manque de sex appeal.

-          Le keffieh : incroyable mais vrai, le foulard palestinien qui certes à déjà été récupéré par les hooligans ou les 68 ards avant nous, défraie la chronique depuis quelques mois.

Nul besoin de retracer le parcours fulgurant de ce torchon de cuisine non imperméabilisé : Balenciaga, Isabel Marant et maintenant … tout le monde. Dans toutes les couleurs, variantes, avec des perles, du lurex, des carreaux détournés, des fleurs… Il pendouille quoiqu’il en soit, à tous les coins de rues nonchalamment, semblant avoir totalement occulté sa connotation, quoique non inhérente au départ, de signe religieux voire belliqueux.

L’argument : «  la mode c’est la liberté, on s’en fout des symboles, et puis c’est pas la première fois qu’on détourne les codes, regarde le treillis ! »

Alors bien sûr c’est pas la première ni la dernière fois qu’on se permet n’importe quoi, mais est ce que cela signifie que ce soit une bonne idée ?

-          Les bottes indiennes : c’est le retour des cowboys et des indiens, la frange se balance sur les pieds mais pas que…Et on se demande à quand les nattes. Moi je dis on n’est pas à l’abri. Décidemment la botte à de beaux jours devant elle, elle ne craint pas la chaleur, elle s’en moque.

Sans plus de commentaires je dirais : régression infantile, tentative de détournement ethnique, besoin de vacances au Far West ?

L’argument : « La frange c’était déjà le carton capillaire 2007, c’est trop bien de l’avoir aux pieds non ? »

La frange était déjà un risque majeur pour tous les petits fronts, gros nez, yeux globuleux. N’est –ce pas un audacieux de l’infliger maintenant à nos pieds ? Je pose la question…

-          La chapka : petit animal mort se portant au dessus du cuir chevelu. Je ne vais pas faire ma Brigitte mais quand même, est-ce bien raisonnable pour avoir l’air d’une prostituée russe de se chapeauter de la sorte ?

L’argument : « Trouve-moi un bonnet qui te tienne aussi chaud en te donnant ce port de tête altier ? »

Ok je te prête le mien en laine merinos qui gratte pas.

-          Le léopard : on fait « grrrr » sur votre passage, surtout quand vous déambulez devant un chantier où des mâles en chaleur guettent leur proie. Vous avez réveillé l’animal qui sommeille en vous avec cet imprimé bestial… Soit. On a dit en touche le léopard, pour que ce soit ludique. On croyait que Cavalli nous avait déjà prouvé que la vulgarité à un nom : léopard. Mais non, on en a redemandé.

L’argument : « Kate Moss ne quitte pas ses Repettos léopard »

Alors celui là il est valable pour tous les dérapages sus-mentionnés, ce qui nous donne d’ailleurs un indice sur le fait qu’il ne faut pas croire tout ce que Kate Moss porte.

Et puis Kate Moss c’est Kate Moss. C’est comme ça.

Pour résumer la tendance n’est pas à l’abri de l’erreur (ni Kate Moss je le répète au cas où) et donc nous non plus. Pour autant je dois avouer qu'aucun de ces dérapages ne m'est vraiment étranger. Amies de la sincérité bonsoir.

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