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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 23:01

Il y a quelques semaines, je sévissais en maltraitant par les mots quelques specimens masculins. Pensiez-vous vraiment que j’allais m’en tenir là ? Autant d’injustice serait un affront au bon sens. Mesdames, c’est donc à votre, à notre tour, parité oblige.


Il y a la bourgeoise. Une fausse coincée qui a appris par cœur les bonnes manières dans un lycée religieux. Qui les applique à la lettre, dans les soirées mondaines des quartiers chics, servant des "bonjour monsieur" accompagnés d’un sourire colgate sur chignon sage. Elle porte des tailleurs bien trop vieux pour son âge, des chaussures pointues quand c’est la mode du rond et vice versa. Elle n’ignore rien de la généalogie des têtes couronnées et pourrait même tenir de front un débat politique avec des arguments. Elle se sent moderne car elle est au fait des dernières tendances. Comment ça le pattes d’eph c’est out ?? Elle écoute Lara Fabian en chantant à tue tête pendant qu’elle prépare le repas dominical pour recevoir papa et maman qui viennent faire la connaissance de Robert, j.c.d en jean le week-end seulement. Une fois qu’elle les a régalés avec un recette concoctée avec minutie, elle plaque Robert contre le mur et oublie toute décence judéo chrétienne en lui demandant de sortir ce fameux petit gadget en plastique qu’il lui a déniché sur internet…La vulgarité est réservée à l’intimité de la chambre, jamais elle n’oserait lâcher un connard même si on lui claquait une porte à la figure. En prévision d’une grossesse avant la trentaine, elle fait son jogg le week-end autour des Invalides pour se maintenir. Idéal en attendant l’arrivée prévue de Pierre, Mathieu et Pauline pour 2010. Si la nature le veut bien.

 

Il y a la roots à tendance ringarde. Dans son sarouel en coton à soleils, elle fume des joints avec ses copains à dread locks à la Villette. Ses cheveux n’ont pas vu  le jour depuis 5 ans, enturbanés dans des foulards bariolés, dégotés lors de son dernier voyage au Maroc. Bob Marley est son maître à penser et le week-end si elle ne court pas les manifs du PC, elle signe des pétitions pour aider les sans logements. Elle toise les filles trop lookées, dépitée par tant de féminité inutile et ostentatoire, alors que la faim dans le monde n’attend qu’elle pour cesser enfin. Dans son studio du 5 ème arrondissement, il y a un narguilé et un poster du Che au-dessus d’un matelas à même le sol. L’été elle part sur la Côte Atlantique, pour un job de serveuse saisonnière et pose ses valises avec ses potes au camping de la mer, pour y goûter les délices de la vie en communauté y compris pour les sanitaires. Elle n’a pas trop de problèmes sentimentaux, car les mecs, c’est un peu ses potes, ça crée des liens… Elle rêve pourtant à une vie de bohême en grandes pompes, sans jamais oser l’avouer à tous ceux à qui elle rebat les oreilles avec son anti matérialisme.

 

Il y a la fashion acharnée. Elle est sur tous les coups, des ventes presse aux adresses vintage les plus confidentielles. Sa bible c’est le Vogue et le Jalouse. Elle vit pour la mode, pour le style, entourée d’une horde de clones hyper lookés qui effraient n’importe quel mâle normalement constitué. Elle est curieuse… du maquillage, de la dernière marque à la mode, du it bag de l’été. Quand elle se retrouve au milieu d’une conversation sur la conjoncture ou le dernier bouquin de Finkielkraut, elle s’ennuie. Parce que son dictionnaire mode ne connaît pas les entrées culture G, si ce n’est peut être celle de celui qu’elle a dans le bas ventre et dont elle se sert remarquablement souvent. Elle est moins regardante sur les mecs, que sur sa paire de stilettos. Une paire de Louboutin c’est pour la vie, un homme on peut toujours divorcer. Son audace méritoire consiste en des tentatives improbables de style. L’harmonie, l’esthétisme sont des notions qui lui échappent au profit d’un culte de la tendance, aussi conne et moche soit-elle. Elle adule Gossip Girls, a vu (et lu !) le Diable s’habille en Prada 2 fois. Elle veut travailler dans les relations publiques ou, si vraiment, dans l’événementiel, du moment qu’il y a du people à la clé. Cela lui permettra toujours de briller aux yeux de ses pairs qui lisent Closer et Voici, l’été à St Trop sur le yacht d’une copine.  Elle vit dans un studio 20 m2 même à 30 ans, il fallait bien faire des économies quelque part pour se payer son sac Balenciaga…

 

Il y a la bobo. Celle qui la joue cool ultime alors qu’elle est juste méga stressée. Par son boulot qu’elle a l’ambition de réussir, par ses enfants, car son compagnon et elle adoraient l’idée d’être jeunes parents mais ne cèderont jamais au mariage pour autant. A la maison, elle traîne en cachemire Zadig et jean usé. Son style neutre et lisse n’a l’air de rien, pourtant c’est bien un Jérôme Dreyfus qu’elle étrenne pour faire ses courses et une poussette Mac Laren dans laquelle elle promène les deux petits en Comptoir des Cotonniers. 5000 euros de valeur la petite famille, ce qui n’est pas un problème puisque papa est D.A et gagne bien la vie du petit ménage qui loue même une baraque entre amis l’été à l’Ile de Ré. Le dimanche pendant qu’ils initient les enfants à la peinture, ils écoutent Herman Düne et sirotent ensemble un verre de rouge en parlant de leur future maison qu’ils vont dessiner eux-mêmes. Au lit, c’est tendresse et caresses dans des draps de lin...Ils partagent le rêve d’une quiétude qui ne connaît pas la passion.

 

Il y a la ouech. De loin, avec son haut de survet et son baggy, on pourrait la prendre pour un mec. La richesse de son verlan est inégalable et même si elle n’a rien à voir avec les biatchs des chansons de rap qu’elle adore se passer en boucle, elle connaît toutes les paroles par cœur. Elle fait de la boxe thaï ou du body combat à l’Aquaboulevard le samedi et ses potes la check pour lui dire bonjour. Sous sa casquette ou son bonnet, il y a une cascade de cheveux comprimés en queue de cheval pour ne laisser paraître aucun signe de féminité. Avec les mecs, c’est pas toujours facile car ils ne déchiffrent pas nécessairement que cette bonne tape dans le dos qu’elle vient de leur filer, est un signe implicite de drague. Elle connaît toutes les dernières perles de You Tube, rigole très fort et fait dégager les petites pétasses citadines du siège qu’elle a choisi dans le métro, d’un simple regard.

 

Il y a la branchée. Pour le commun des mortels elle parle un langage incompréhensible. Elle connaît des groupes obscurs dont elle assure qu’ils vont bientôt passer à la postérité et s’engouffre tous les vendredis et samedis dans les lieux hype de la capitale. Son look cultive une originalité qui se veut unique, donc souvent à base de fripes. Unique impliquant parfois improbable au regard des mariages douteux qu’elle n’hésite pas à faire. Elle rentre au Baron même avec ses bottes rouges et sa chemise en jean déglinguée, parce qu’elle connaît toujours un videur, un hôte par ci par là. Dans son sillage, des mecs à moustaches qui refusent d’écouter Justice depuis que c’est devenu « commercial ». Ils discutent de la dernière expo de Warhol et picolent jusqu’au petit matin. L’été elle part à Miami travailler son bronzage. Au lit elle n’est pas frileuse, arborant pourtant plutôt une gaine de grand-mère vintage assumée, qu’une parure en dentelles femme fatale. La tignasse pas peignée, elle a 1356 amis sur facebook dont les 2/3 qu’elle ne connaît pas vraiment. Elle flashe sur des mecs un peu crados, artistes incompris qui finissent par lui préférer leur art.

 

Et puis il y a LA fille. Celle qui est aussi belle et crédible, naturelle au lever que sophistiquée au couché. Celle qui connaît ses forces autant que ses failles, qui en joue peut-être, mais sans faux-semblants. Celle qui a des passions, des envies et des rêves et qui s’en donne les moyens. Elle n’est pas individualiste, ni intoxiquée par un féminisme ridicule, elle est juste bien dans sa peau, indépendante et tolère très sereinement que son homme se comporte en mec, sans essayer de lui prendre sa place. Elle ne parle pas plus fort que les autres pour faire entendre des idées qui n’en valent pas la peine, elle donne juste vie et sens à ses idées. Elle a des convictions qu’elle défend dans le secret de ses actes, elle pratique l’empathie sans la pitié. Elle est une vraie fille car elle n’a ni honte de faire attention à elle pour séduire son homme, ni de s’accepter sans fards devant lui. Elle rit, sourit, vibre, vit de plein fouet sans rougir de ses erreurs, sans craindre l’inconnu ou les risques. Elle a de l’allure et du charme au-delà d’une beauté qui ne dure pas éternellement. Elle veut accompagner l’homme qu’elle aime sans le contraindre, juste pour partager avec lui ce qui l’anime, ce qui le touche. Elle est capable tout à la fois de cuisiner un petit plat, de colmater une fuite d’eau, de régler son compte au banquier et de faire l’amour comme une amante. Elle est contrastée et non pas contradictoire, épanouie et non pas monotone. Elle ne lit pas que des bouquins de psycho, n’écoute pas qu’un type de musique, ne côtoie pas toujours les mêmes personnes, car elle est curieuse et que la vraie culture a autant d’importance pour elle, que le fait de vivre en phase avec les tendances de son temps. Elle a des exigences pour sa propre vie car elle en a beaucoup pour elle-même. Elle séduit sans draguer, dans un regard, dans un geste, dans une parole. Elle sait s’abandonner comme se retenir. Elle aspire fondamentalement à être heureuse mais elle sait que son bonheur sera d’autant meilleur qu’il sera partagé. Un jour elle pose sa main sur la votre délicatement et vous avez juste envie de plonger dans son cou pour vous enivrer de son odeur… Le lendemain elle vous étreint sans préavis pour que sa douceur, comme ses ardeurs, restent une surprise… Elle n’est pas parfaite mais elle est si vraie que l’émotion qu’elle génère, pourrait bien rester intacte longtemps…

Oui je sais mesdames et mesdemoiselles. Y a du taff !!

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 23:35
Par égards pour le coeur,
Choisis juste une saison.
Le vide de tes heures
Fais couler son poison

Immonde douleur qui étreint les tripes
Et s'ancre dans le temps meurtrier
De mes cauchemars, l'archétype...
Tu as armé ton bouclier.

Au delà de mon songe lacrymal
Ne reste que mélancolie amère
Putain de princesse maudite, au bal
des mensonges, nous n'irons plus ma chère.
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 11:37

C’est le sujet qui fait parler toutes les femmes. En dehors des fringues, du boulot et des enfants si elles en ont. Les hommes. Leur magie déroutante, leurs connerie abondante, leur douceur enveloppante, leur maladresse attendrissante.

Aussi merveilleux que périlleux, aussi troublants que déconcertants, aussi malins que décevants, ils font tourner notre petit monde. Au point de nous filer parfois la migraine. Ou de nous laisser gagner par leur  ivresse.

Galerie de portraits :


-Il y a les fils de bonne famille qui s’encanaillent. Coincés dans leur costume trois pièces depuis que leur formation en marketing est terminée, ils tentent tant bien que mal de mettre du rock’n roll dans leur vie un peu désuète et surtout très solitaire d’un point de vue féminin. Leurs bonnes manières ne produisent plus l’effet escompté sur ses dames, depuis que le féminisme a considéré la politesse comme une agression. Du coup, ils cultivent l’art peu subtil de la drague explicite. Moyennement crédibles avec leur mèche bien peignée sur le côté, ils font ronfler ces demoiselles en quête d’aventures. Un verre de sky à la main, dans les soirées mondaines parisiennes comme provinciales, ils ondulent sur le dancefloor, possédés par Travolta en pleine fever. Problème : leurs déhanchements prometteurs cessent une fois dans l’intimité,  laissant place à une rengaine entêtante qui n’a rien à voir avec le trop plein d’alcool qu’il vous a fallu pour leur céder.


Touchants quand ils rajustent leur cravate, signe extérieur d’adultitude, ils ont pourtant du mal à considérer qu’une femme ait de l’ambition, du caractère, d’autres velléités que des enfants et la popotte. Pour qui trouve une saveur à l’archaïsme mis à l’épreuve de la contemporanéité, ils sont le régal du cliché fait homme. Garantis fiables, consensuels. On les reconnaît également à leur pull noué sur les épaules l’été au Cap Ferret ou en Bretagne. Attention labrador et 4X4 en prévision.

 

-Il y a les bad boys. Pas ceux de la téci, élevés au shit et randonnée RER pour cassage de bourges en bonne et due forme. Les qui font comme les durs. Jean et tee shirts moulants sur corps bodybuildés. Casquettes vissées, lunettes oversized même dans le brouillard. Cuir sur les épaules, vous les trouverez principalement dans les carrés vip des boîtes un peu ringardes de la capitale. Une bouteille de champ toujours prête à être sabrée à proximité. Ils sont généralement accompagnés de donzelles en mini et logotypées, qui se pâment à leurs côtés comme sorties d’un mauvais clip de rap. Musique à fond les basses dans une voiture tunnée pour les plus extrémistes, ils ne croisent jamais un miroir sans le gratifier d’un regard approbateur. S’ils sont en couple, ils ont consacré le syndrome de l’humiliation en publique, du donnage en spectacle sous forme de crise de couple hautement dosée en décibels.


S’ils sont célibataires, ils auront toujours un petit « salope » pour vous en cas de réticence à leurs avances toute en finesse. Le kit de la drague leur a été fourni de naissance sans le mode d’emploi adapté aux différentes situations. Attention à bien connaître les techniques du cinéma pornographique si vous daignez vous aventurez jusqu’à leur chambre de bonne. Sans quoi vous serez congédiées sans préavis faute de gémissements hésitants.


 

-Il y a les dandys. Erigés en rock stars urbaines depuis que la mode se préoccupe d’eux à grand renfort de slims et de wayfarers. Leur souci number one : le styyyle. Plus de temps que vous dans la salle de bains qu’il vente ou qu’il crame dehors. L’apparence n’a d’égale importance que leur programmation musicale pour le week-end. Groupes anglais en The à riffs redondants, sont leurs maîtres à penser. Ils taquinent un peu de coke pour copier leurs idoles, ont toujours l’air de sortir du pressing avec leur derbies pointues pour finir une silhouette dont ils n’ont même pas conscience qu’elle n’est pas née avec eux.


Les plus exaltés vous pondront peut-être un petit poème par ci par là, si vous faites partie de la caste frange/vintage qui est leur unique salut. D’autres vous toiseront comme une vulgaire crotte si une autre proie est à même de succomber dans l’heure à leur androgynéité inquiétante. Ils sont fans de Bret Easton Ellis sur Facebook et font leur shopping chez American Apparel le samedi. Le problème : bien noter prénom et matricule de la bête car dans la masse de certains quartiers, difficile de distinguer son dandy de ses compères. Au lit, ne pas tenter une main dans ses cheveux sous peine de cris aigus disgracieux en représailles. Ne pas lui demander de performances. Dans le meilleur des cas, il vous comblera de douces caresses et de baisers langoureux rivalisant d’inventivité. Le romantisme est passé par là en ce qui concerne l’esthétisme et le pathos.

 

-Il y a le cool. Il lit Vice magazine, fait du snow à Cham l’hiver, part sur la côte basque l’été. Il kiffe New York pour le courant underground of course, écoute des groupes inconnus du commun des mortels et boit des coups dans des rades où la bière coûte deux balles mais coule à flots. Il crache sur la hype sans se rendre compte qu’il est justement à la pointe avec son je m’en foutisme rebelle. Sous ses dehors désinvoltes et anti-fashion, chaque pièce de son accoutrement a été sérieusement pensée. Bonnet qui jure nécessairement avec le blouson, qui ressemble lui –même à une doudoune de ski élimée ressortie pour l’occasion, chemise de bucheron sur jean légèrement baggy et baskets crados. Il a l’air de prendre l’amour pour une question totalement secondaire, il plait à son insu ou presque, mais se lève finalement une fille par soir si sa stratégie spéciale détachement est au top. Sinon il s’en moque pour de bon et rentrera à pieds chez lui à 4h du mat avec ses potes bourrés en sortant du Point FMR.

Si vous le croisez en pleine beuverie, il vous emballera avec son humour cynique, mais attention pour autant à ne pas l’inciter à tenter l’autodérision. Elle pourrait vous revenir à la figure comme un boomerang.

 

-Il y a l’homme féminisé. Endoctriné par l’ère métrosexuelle, il se présente d’abord sous les traits du bon copain. Sa sexualité a priori énigmatique, s’amuse elle-même d’une ambigüité qu’il entretient comme rempart aux soupçons –justifiés ?- qu’on pourrait avoir en le voyant. Adepte de la crème de jour et d’un peu de fond de tient si vraiment, il aime tout ce qui dévoile son anatomie d’éphèbe. Pas graveleux mais plutôt franc du collier, il dit ce qu’il pense sans s’effaroucher de l’effet produit. Il aime délirer. Souvent en compagnie de femmes qui lui reconnaissent une sensibilité toute particulière, il entretient avec ses acolytes masculins un rapport fusionnel assez confondant d’affection. Branché, mais parfois trop, il vous foutrait des complexes sur ce look qu’il juge guindé alors que vous le trouviez plutôt audacieux. Mal à l’aise avec le sex appeal qu’il aime pourtant regarder de loin et apprécier d’un point de vue esthétique, sa sexualité est à double tranchant.

Il a de fait, une bonne appréhension des choses comme si sa part féminine lui dictait le chemin. Et parfois, il s’égare dans des tentatives de masculinité surdosée qui surprennent plutôt que de ravir. Assez vindicatif et caractériel, son ego ne supporte aucune remise en question alors qu’il se permet toutes les arrogances. Vous le reconnaîtrez aux couleurs qui le distinguent dans la masse de l’uniforme noir hivernal. Plus subtil que la meute mâle, il pourra vous entraîner  dans le tourbillon de sa créativité ou de son exaltation. Jusqu’à ce qu’un tantinet de mesquinerie et beaucoup de narcissisme ne vous rappellent les dangers de sa singularité.

 


-Et puis il y a l’homme. Avec un grand H. Parce qu’à lui seul, il est le best of, l’Honneur de l’Humanité. Bref le H qui s’accolera au J. Celui du jour où vous croiserez miraculeusement sa route. Il n’est pas forcément le plus beau des plus beaux, mais son charme, sa prestance, son charisme provoqueront un raz de marée à l’intérieur de votre petit cœur meurtri par les errances amoureuses. Souriant mais pas en pleine représentation, cultivé mais ne tartinant pas son érudition, sensible mais pas dénué de virilité, il ne cherchera pas à vous séduire. Ou seulement lorsque vous l’aurez autorisé par des signaux corporels, lexicaux, sonores, que sais-je, à réduire le mètre de politesse qui sépare encore vos deux corps. Vous rigolerez aux mêmes blagues même si elles ne sont pas objectivement bonnes, vous partagerez votre répertoire mental musical en trouvant des similitudes ou des compléments étonnants de pertinence. Il n’essayera pas de connaître la couleur de vos draps le premier soir, mais ne manquera pas de vous embrasser pendant une demie heure après vous avoir raccompagnée jusqu’en bas de chez vous. Il aura des projets auxquels vous n’aviez pas pensé mais qui vous donneraient bien envie de faire le tour du globe, vous la sédentaire d’origine. Il aura des ambitions qui vous rappelleront la différence sémantique avec le mot opportunisme. Il ne dégainera pas de bague pour un mariage de 300 personnes et pourtant il serait partant pour dessiner votre robe blanche de ses propres doigts délicats. Il reniflera discrètement votre odeur quand il se penchera pour vous embrasser sur le front après un premier dîner d’où vous repartirez en ayant le sentiment de le connaître depuis toujours.

Vous ne tiendrez plus de désir ardent pour lui, quand au bout de quelques semaines, il retroussera ses manches sur un avant bras fort et rassurant, ignorant totalement la violence émotive de ce geste. Vous l’adorerez de vous piquer un peu avec sa barbe naissante, vous serez prête à déclamer votre amour au balcon tous les matins quand vous le regarderez se lever, ébouriffé dans son vieux caleçon a priori anti-érotique. Vous renouerez avec l’ultime plaisir de faire l’amour puisqu’il s’agira de sentiments et plus de corps. Puisqu’il perdra plus de 5 min par coït quotidien à découvrir les lieux de votre plaisir. Il n’aura pas peur de vous dire je t’aime quand il aura acquis la certitude sereine, que ce manque qu’il ressent sans vous, que cette complicité qu’il ne ressent qu’avec vous, que ses rêves qu’il ne nourrit que pour vous, se nomment bien amour. Et qu’une vie ne suffirait pas à explorer les mystères que vous découvrirez l’un de l’autre avec une magie sans cesse renouvelée.

 


Alors messieurs, veuillez pardonnez ce petit couplet satirique qui délectera certainement plus mesdames. Il faut bien pouvoir se moquer avec un attendrissement sincère de certains hommes quand on a été soi-même raillée par l’indifférence ou le mépris de ceux-ci. Il n’y a de haine que là où il y a eu de l’amour. Et il faut de l’humour là où il peut y avoir tellement de gravité.

Et il faut bien aussi aimer très fort les hommes pour être tentée parfois de les malmener un peu...

 

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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 22:30


Alors que fait-on un  1 er janvier lorsque l’on est célibataire ?


Réponse :


On range : tout ce qui traîne, n’importe quoi pourvu que ça bouge, que ça brille, que ça ait l’air nouveau au final. On fait des sacs de tout ce qui ne nous appartient pas, pas pour les donner aux pauvres non, non. C’est pas parce qu’on est le 1 er qu’il faut se croire tout permis. On enlève juste les traces d’une vie passée, révolue pour un nouveau départ, dans un chez soi qui renaît de ses cendres. En gros on se fait un bon ménage d’hiver pour de jolis printemps à venir. Avec l’impression rassurante qu’en rangeant chez soi, on ordonne un peu sa vie. Qu’en repartant sur de bonnes bases, on aura plus de chances que les fondements ne se cassent pas la gueule au moindre problème.

On pense que dans 3 mois les jours seront plus longs, que le soleil rentrera dans l'appartement le dimanche matin et qu'on pourra à nouveau lézarder au soleil en écoutant Nina Simone. Et on sourit...





On fait le bilan : on met tout dans la balance mentale, erreurs, échecs, réussites, projets, rêves, désirs… On tourne ça dans tous les sens en se disant qu’il y a du boulot en perspective pour se dire au prochain premier janvier qu’on aura bien avancé. On a peur de cette nouvelle vie solitaire qu’on a déjà connue, on est grisé aussi de tout ce qui est désormais possible. De toutes les promesses, de toutes les surprises qui viendront nécessairement parce que la vie est faite de ça. Qu’on veuille encore y croire ou pas.



On purge : l’alcool de la veille… les larmes, catharsis de début d’année oblige, les démons. On regarde bien en soi car on n’a pas autre chose à faire. Petit tour d’introspection au coeur des souvenirs, des actes manqués, des déroutes, des illusions, des amours déchues. On est tenté de se dire que s’est mal barré pour 2009 jusqu’à ce qu’on allume son téléphone, qu’on y trouve les nombreux messages de circonstances de ses amis qui rappellent malgré tout que l’on n’est pas seule, même pas du tout, entourée de tous ces gens qui nous aiment assez inconditionnellement il faut bien le dire. Qui durent à nos côtés, passant outre nos erreurs et nous réconfortant de leur amour, d’autant plus beau qu’il n’exige rien. Si ce n’est de prendre conscience de leur importance, de leur nécessité et de les couver à notre tour des attentions qu’ils méritent.




... Jusqu'à ce qu’on se remémore d’autres 1 er janvier, d’autres débuts d’année encore plus durs, encore plus tristes que celui-ci et qu’on se dise qu’on y a survécu. Qu’on est toujours là et que finalement l’instinct de vie, la quête du bonheur aussi, bien planqués derrière nos peurs de l’inconnu. Mais ils sont là. Alors…


On prend des résolutions : les classiques, faire du sport, arrêter de fumer, être plus disponible pour ceux qu’on aime, gagner plus de sous, en dépenser moins… et les plus intimes : se respecter, respecter les autres, être honnête avec soi, et avec les autres, réfléchir moins à certaines choses, plus à d’autres, apprendre à gérer les priorités, ne pas perdre de vue ses objectifs, rêver plus grand, plus beau mais plus vrai. Et aimer, vouloir aimer, y croire, ne pas l’attendre mais y être prête. Encore. Toujours.



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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 19:33

Le sapin a perdu tous ses colocataires. Il siège seul dans le salon, attendant maintenant de finir sur un trottoir début janvier. Quand ses lumières n’auront plus de sens puisque les fêtes seront passées.

Les cris des enfants déchirant anarchiquement leurs paquets se sont tus.

On a fait la vaisselle, lavé les assiettes de foie gras, de saumon qui ont régalé toute la famille.


Noël c’est fini jusqu’à l’année prochaine. Plus de frénésie d’achat de dernière minute pour tenter de faire plaisir un peu, pour honorer ces instants où l’on se retrouve tous ensemble ponctuellement. Pour se dire que quelque solitude que l’on vive, des gens du même sang sont là, quelque part, près de nous ou à des kilomètres, tous réunis en un jour.

 

Je me souviens d'avoir eu 8 ans.


Je me souviens d’un grand sapin. D’avoir grimpé sur un escabeau pour y mettre l’étoile à la cime. De m’être évertuée à l’enlacer  harmonieusement d’une guirlande de lumières. D’avoir regardé fièrement le résultat des boules éparses, réparties sur ses branches avec méticulosité.


Je me souviens des chants de Noël résonnant dans ce grand salon parisien, entrecoupés par les bruits de cuisine où se trame un repas copieux.


Je me souviens des cadeaux secrets qui s’amassent en bas du grand arbre, de ceux qu’on secoue un peu, secrètement, pour tenter de deviner ce qu’on ne veut pas vraiment savoir en fait. D’avoir laissé une chaussure en attendant, prête à bondir  dans l’escalier, d’y découvrir les cadeaux laissés par le Père Noël.  Je me souviens d’une petite famille unie, assise par terre en pyjamas un 25 décembre...


Je me souviens de tous ces clichés qui rendent moqueurs simplement quand on n’en a pas goûté le bonheur insouciant.


Je me souviens des prières chaque année au soir du 24, qui égrainent les noms de ceux qui nous quittent, chaque fois plus nombreux.

Je me souviens d’avoir aimé Noël  comme on guette les instants de grâce que l’on sait imminents. De m’être sentie rassurée de savoir les miens tous réunis au même endroit, au même moment, sans que la vie ne puisse alors en viser aucun  dans sa cible.


Je me souviens des lendemains où on appelle ses copines pour leur raconter toutes les petites merveilles qui viennent jalonner cette fin d’année.


Je me souviens de la plénitude du cœur quand il sait que quitter les siens, ne sera que pour mieux retrouver LE sien. Celui à qui on dira ces moments de complicité qui sont propres à toutes les familles. Qui nous racontera les siens. Avec qui on étrennera ses nouveaux « jouets » pour redevenir les enfants que l’on voudrait ne jamais cesser d’être.


Et je me dis que la fête n’est jamais aussi belle que quand on peut la partager. Je me dis que l’on ne se sent jamais plus seule que lorsque l’on est très entourée…

Je me souviens que j’aimais Noël. Et je me dis qu’il va bien falloir l’aimer à nouveau car il semblerait que ce soit encore au programme l’année prochaine.

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 22:23


Une semaine depuis le dernier article comme me le faisait remarquer une fidèle lectrice et proche... J'avoue que vacances mises à part, cela ne m'était encore jamais arrivé depuis le début de ce blog...
Alors qu'est ce qui détourne l'attention d'une attachée de presse de son blog??:

- comme je vous le disais à mi-mots, je travaille, acidument, incessament, sur un beau projet qui découle justement de ce blog. Toute mon énergie, ma créativité stimulée par celle de mes acolytes se concentrent sur la réalisation de ce projet qui devrait voir le jour en janvier. Je m'efforce de ne pas tarir les ressources d'imagination que nécessite la tenue du blog. Mais j'avoue en revanche, que ma régularité s'en trouve légèrement perturbée...Shooting mode, lecture de livre, interview de nos invités, investigation sur les sujets, mise en place du support... Autant d'activités qui nous épuisent autant qu'elles nous ravissent!!
Pour autant j'espère que vous me suivrez dans cette belle aventure que nous échaffaudons à trois sur le net, pour que notre passion devienne un jour peut-être une profession, un quotidien. Que les jours ressemblent aux nuits agitées où l'on cogite à tous les espoirs que l'on nourrit alors secrètement pour son avenir.
Mode Opératoire va continuer sous une forme plus exigente, plus aboutie, plus riche, grâce à deux complices sans qui je n'aurais eu le courage et la matière pour avancer plus loin et plus fort.

- l'attachée de presse par définition bouge, sort, vit, beaucoup, trop... à 200 à l'heure, sans connaître le mode pause, qui serait pourtant une option nécessaire pour ne pas risquer l'arrêt cardiaque prématuré du haut de sa proche trentaine.
Elle est donc prise certains soirs pour des événements qu'elle organise tant bien que mal pour faire que la soirée qu'elle ne passera justement pas à faire ce qu'elle pourrait faire, soit au moins réussie pour ceux qu'elle reçoit...
Et parfois, je le souligne, car j'en suis profondément touchée, ses chers clients lui témoignent avec une gentillesse absolument touchante, leur gratitude. Ainsi l'attachée de presse oublie les heures de négociations téléphoniques qu'il a fallu pour un visuel et trois lignes au sujet de son client, au bénéfice d'un bien être du au fait de se sentir soudain très impliquée dans une dynamique constructive, dans un effort commun. Elle est même émue de contribuer un peu, à sa manière, à ce que le rêve de l'autre, son client, dure encore, voit plus loin, touche plus de gens.


- la fille derrière le blog se démène aussi parfois avec une vie perso tout ce qu'il y a de plus "humaine",  tentant de maintenir la barque à flots en gérant en parallèle  toutes les activités qu'elle entend bien mener de front et sa vie privée. Et parfois, elle merde, dans l'un ou l'autre domaine, en essayant pourtant de limiter la casse et de bien faire au final. Mais comme il faut toujours expérimenter les choses par soi même, bonnes ou mauvaises, pour les comprendre et se connaître, elles s'y collent franchement, quitte à y laisser des plumes.
Elle découvre ainsi le sens des mots "priorité", "choix", "compromis" en dehors du bureau.... non plus juste de leur point de vue lexical mais dans leur sens vital...

- la "graphologue" hystérique qui ne peut s'empêcher de foutre des mots partout, s'évertue à honorer tous ses engagements. Elle écrit donc tous les soirs irrémédiablement pour les différents supports qui lui font l'honneur de leur confiance et pour les propres besoins qu'elle a jugé bons d'ajouter à la longue liste de ce qu'elle avait déjà à faire....JalouGallery, Cross C mag à paraître en janvier. Le blog c'est aussi ça: je fais ma pub si je veux!!

Et quand tout ça est finit elle attérit sur son blog, cette prolongation visuelle et scripturale de son cher moi narcissique et se déverse en justifications auprès de ses lecteurs qu'elle espère toujours fidèles malgré ses inconstances...

Elle, donc je (Alain Delon sort de ce corps...), souffre effectivement de schizophrénie consentante mais s'efforce surtout de construire, de donner vie à un rêve: celui d'écrire encore et toujours, du mieux possible, et d'être lue, encore et toujours, par vous, que j'ai tant de plaisir à retrouver au détour de commentaires, de statistiques anonymes. Vous tous, qui me rappellez combien ce rêve est un but, un besoin, une finalité à laquelle je me tiendrai quoiqu'il advienne car les évidences sont faites pour être accomplies.
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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 20:00

Certains jours on se dit que la persévérance, et un peu le travail, payent finalement. Ces jours où affluent les bonnes nouvelles pour donner forme à des rêves jusqu’alors inaccomplis. Ces jours où l’on rencontre les bonnes personnes, au bon endroit et au bon moment. Ceux qui marquent un tournant à l’échelle d’une vie, ceux qui nourrissent l’espoir d’atteindre ses objectifs pour de bon, un jour.


Comme toute modeuse qui se respecte, je ne quitte pas mon Officiel, ni mon Jalouse chaque mois pour y trouver les infos essentielles de la sphère mode mais aussi du panorama culturel vu par les journalistes de la rédaction.


Je remercie donc les Editions Jalou, et tout particulièrement les rédacteurs en chef qui me font confiance, de me laisser apporter mon petit grain de sable à l’édifice et me permettre de toucher du bout du doigt un doux rêve d’écriture et de mode.


Et je vous invite donc dorénavant à me retrouver sur le site Jalougallery.com, chaque semaine, si ma discipline tient le rythme… Dans la rubrique news, sous l’intitulé « Les mots de Laure » vous pourrez lire des sujets transversaux sur la mode, mais certainement aussi les univers qui gravitent autour, écrits spécialement pour le site.


Et comme il serait bien dommage de ne pas attirer votre attention sur le contenu absolument pointu et l’information hypra réactive du site, je vous invite donc à découvrir dans son ensemble ce magazine online mené de mains de maître…Si vous ne le connaissez pas déjà !


Née d’une jolie complicité, cette collaboration vient conforter le travail de curiosité fashion entrepris sur Mode Opératoire depuis plusieurs mois.  En attendant de lui donner un nouvel essor grâce à la confiance, encore, de celles avec qui je suis en train de construire de nouveaux rêves… To be continued.



http://www.jalougallery.com/les-mots-de-laure-my-boyfriend-and-i-art-466.html


http://www.jalougallery.com/les-mots-de-laure-au-royaume-des-it-girls-art-478.html

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 22:02

Je devais vous parler de vintage ou de boutons dorés. Bien. La vie nous rattrape parfois et l’intérêt du blog n’est-il pas de jouir pleinement d’une liberté absolue d’expression ? La liberté, c’est justement ce qui m’amène ce soir à dévier de mes projets, pour un billet somme toute peu cohérent avec ce blog. Totalement arbitraire. D’où son intérêt j’espère.

Guillaume Depardieu est mort aujourd’hui. Je ne pousserai pas le mauvais goût jusqu’à déplorer le décès d’un être que je ne connaissais pas personnellement, alors que trop nombreux sont ceux dont je pleure déjà la disparition parce qu’ils m’étaient proches. Ou qu’ils l’étaient de gens que j’aime. Et que leur manque est ancré bien plus sincèrement puisque nous les avons connus vivants et qu’on ne devons maintenant apprendre à les aimer, absents.

Simplement la brutalité de cette nouvelle m’a amenée, comme chaque fois qu’arrive ce genre de mauvaises surprises, à prendre conscience de ce bien si précieux qu’on appelle liberté, la vie en somme, et dont on ne profite pas toujours suffisamment. Ou à bon escient.

Guillaume Depardieu, comme beaucoup d’artistes torturés avant lui, part trop tôt biensûr. Pour ceux qui restent surtout. Jeff Buckley, Jim Morrison, Heath Ledger, James Dean, Kurt Cobain, Jimmy Hendrix, Cyril Collard, Guillaume Dustan, Jean Michel Basquiat pour ne citer qu’eux. Leur point commun : des écorchés vifs, des passionnés aux ailes brûlées par la gloire, les excès, le destin. Des êtres exposés, des non anonymes dont la vie se lit dorénavant à travers leurs créations.

Des icônes d’un temps déjà bien révolu, partis à la trentaine comme tant d’autres anonymes dont on ne parle pas autant, mais qui nous manquent de la même manière. Des avatars médiatiques de tous ceux qui nous quittent sans cesse sans prévenir, sans raison, sans justice. Des êtres qui nous rappellent ceux dont on ne parle plus que peu, pour supporter l’absence inacceptable.

Des êtres fulgurants sacralisés par leur œuvre, la marque de leur passage sur cette terre offerte au regard, aux oreilles de tous. Leur force : cette liberté de création, de vie qui dévore de l’intérieur parfois, qui fait consommer et détruire ce qui nous entoure en dépit de toute raison. La liberté, ce bien inaliénable, c’est peut être ce qui fait que ces êtres auront marqué l’Histoire  de leur existence. La liberté de se faire mal, de transgresser, de heurter, d’interroger, de repousser ses limites, de dire, de crier parfois, de vivre différemment. De vivre tout court.

Vivre l’instant, sa vérité absolue, profiter sans cesse de tout et surtout de tous, souffrir pour comprendre le bonheur, ressentir de plein fouet le bien et le mal, aimer sans réserve, sans stratégies, sans réflexions, sans attentes, sans réciprocité même s’il le faut. Aimer ou l’apogée de la liberté.

L’amour ce serait l’évidence, l’absolu, cette quête viscérale au-delà de laquelle le bonheur n’a plus d’entendement. Le degré ultime du plaisir, du désir, l’infinitude du sentiment, le paroxysme de la sensation.

Génération qui voue un culte à la facilité, génération qui déplore l’impossibilité de la rencontre simple, franche. Génération qui ne transige pas, qui réclame plus, toujours, qui ne s’embarrasse pas, qui ne lutte plus vraiment.

Où est passée la conquête, pourquoi ne se bat-on plus que pour les idées et pas les gens ? Pourquoi fuit-on les promesses et les engagements ou les rompt-on avant d’avoir accepté de les voir surmonter les épreuves ?

Génération méfiante, échaudée par d’autres échecs qui ne devraient pas être des prétextes à la résignation amoureuse. La séduction est prise pour une agression et la rencontre est devenue consommation. On a remplacé la spontanéité par la précipitation, le désir par l’acte, l’attente par l’impatience, la difficulté par l’abandon.

Il n’en demeure pas moins que l’on s’aime toujours, qu’on le veuille ou non, qu’on l’espère ou pas. Qu’on se trouve, qu’on l’ait choisi, mais souvent pas, qu’on s’y attende, mais souvent pas. Qu’on soit deux, mais pas toujours.

La liberté, ce serait vivre sans peurs du jugement, de l’après, de l’échec. Etre entièrement à ce que l’on ressent, se rendre aux démons, ne plus rien dompter. Pour vivre, exploser, souffrir, continuer, aimer. Plus fort, plus vrai que ne le permet la modération, la tempérance. Ce serait risquer d’être soi sans faux-semblants, ce serait avoir l’audace de s’exposer aux erreurs, ce serait « être » pour de bon.

Faut –il être fragile, brisé pour s’inscrire dans les mémoires ? Faut-il partir trop vite pour devenir un mythe ? Ca y contribue certainement. Mais la vraie vie, la notre, la mienne, si elle ne laisse pas à travers les siècles de nos pairs une empreinte immuable, doit vouloir rivaliser d’excellence, d’intensité. Doit exiger de nous le meilleur, doit se battre pour des idéaux quels qu’ils soient, doit être au-delà de la facilité de ce qui est spontanément, doit être plus forte que ce qui blesse naturellement, doit être plus riche que ce qui est à portée de mains. Etre libre d’aimer, de penser, d’agir. C’est vivre seulement. Et c’est pourtant ce qui nous coûte souvent le plus.

La mort, au-delà de la douleur qu’elle génère, ne devrait donc être qu’un signe explicite de la vie. Le détonateur de ce qui nous anime intimement et qui doit être réalisé. Pour que la mort des autres prenne un sens avec la vie qu’ils nous ont laissée.

Je pense aux futilités d’un quotidien qui se perd souvent dans des considérations illégitimes. Je pense qu’il faut des projets à la hauteur de la tonalité que l’on veut donner à son passage ici.

Je pense à ceux qui ont décidé un jour que la vie n’en valait plus la peine. A la détresse immanente qu’était devenue leur existence au point de choisir l’irrésolu, l’inconnu. A cet exercice ultime de leur liberté, même discutable.  A ceux qui restent ensuite avec  ce vide, cette incompréhension en bandoulière du cœur.

Je pense donc très fort à ceux, très proches, qui taisent la perte courageusement pour tenter encore de vivre ensuite. A ceux très proches qui apprivoisent la maladie pour tenter encore d’aimer la vivre. A ceux très proches qui se battent pour leurs convictions, leurs désirs intimes pour être à la hauteur de cette vie. Un cadeau empoisonné dont les délices infimes et ponctuels n’ont, à notre connaissance terrestre, de saveur égale.


"Ce qui ne peut être évité, il faut l'embrasser..."

 


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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 22:27
Il y avait cette femme dans le métro. Sans visage. Deux yeux perdus derrière le voile de la soumission.
Une femme qui baissait les yeux, interdite, isolée et son mari certainement à côté, éteint, sévère qui veillait.

Il y avait sous cette épaisse couche de tissus qui enveloppe des pieds à la tête, une femme, une vie, une existence d'absence au monde, d'anonymat, de mutisme. Il y avait cette pesanteur du regard sur mes jambes dénudées en été, mes épaules honteusement offertes. Il y avait cette résignation contradictoire avec le cri de liberté de ma peau déballée. Il y avait cette femme qui m'a dit sans aucun mot combien la vie peut être déterminée par ce que l'on porte. Mais aussi combien l'être ne peut se résumer à cela.

Promis je reviens à des choses nettement plus légères très bientôt...
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