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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 22:12





Non Scarlett n’est pas un homme. La voix ténébreuse et enveloppante de « Anywhere I lay my head »   est bien celle de la bim-bobo starlette de Woody Allen et consoeurs.





Inattendue, envoûtante. Une pochette qui évoque l’univers de Nick Cave, qui invoque celui de Tom Waits, forcément ce sont des reprises de l’artiste tourmenté inclassable, qui transporte dans une ambiance d’un autre temps, accentuée par les orgues, une ambiance qui n’est pour autant pas dénuée de modernité, avec les chœurs de David Bowie comme ponctuation légendaire de ces mélodies nonchalantes.

 

Je ne l’invente pas mais de fait il y un peu de Sonic Youth mélangé à Cocteau Twins dans cette ambiance unique où l’on imagine scénographiquement la belle aux lèvres généreuses dans un abandon langoureux et suave. Cette voix sourde la rend même élégante et crédible, si besoin...

 


Elle n’a pas une grande voix, il n’y a pas d’envolées lyriques, mais du mysticisme dans son approche dépouillée de ce musicien pas forcément si connu du grand public.

Sa voix très grave reste en retrait derrière les instruments et rappelle, dans un tout autre style, le petit filet de voix d’une certaine fille Gainsbourg qui n’a pas eu besoin de pousser la note très haut pour livrer un album idéal.

 

Ici c’est un univers qui va toucher, une approche sensible et artistique de la musique.

 


Scarlett est la féminité incarnée mais cette ambivalence avec sa voix de garçonnet en train de muer est une injustice supplémentaire de la nature, qui crée cet équilibre parfait sans lequel la poupée hollywoodienne passerait probablement pour une odieuse usurpatrice écervelée.

 

Les rythmes lancinants embarquent dans un voyage onirique où Scarlett sorte d’Alice aux pays des merveilles vous accompagnera délicatement.

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 00:05



Ça y est le grand plongeon dix ans an arrière a eu lieu.

Zenith, 6 mai, 20h, Portishead.

Première partie métal ratée… Ambiance groupe de jeun’s qui révisent dans sa cave, inspiration Métallica, riffs répétitifs sans âme.

Bref, Beth et ses petits amis se font attendre jusque 21h passées.




Ouverture sur le nouvel album, plus brut, plus indus mais ils sont là devant nous, tels quels, tout de noir vêtu.  Puis viennent les mélodies des deux albums précédents Dummy et Portishead, qui  s’intercalent entre les nouveautés de Third.


Le public trentenaire se régale. La scène sobre projette des images de la chanteuse grande brindille voûtée, repliée sur cette voix envoûtante et puissante à souhait. La voix est juste, les morceaux aussi, terriblement fidèles aux albums avec ce petit plus live, quelques variantes de son et la voix qui s’envole, surprenante aux détours de notes hautes perchées qui s’insinuent délicieusement.

Wandering Star version minimaliste, Glory Box et son refrain bien ancré, Over prenante, obsédante.

La magie opère jusqu’ à  Roads, balade nostalgique qui me replonge dans mes 15 ans, déjà si longtemps , elle n’a pas pris une ride, elle. Le canal lacrymal se manifeste discrètement  mais quand même il n’y a que Bet Gibbons pour remuer ainsi les tripes l’air de rien.




















L’équilibre est parfait entre énergie et douceur. Les scratchs de Geoff Barrow  font taper du pied avec une certaine envie de se lever de son siège.

Dans la file pour aller au concert on demande à quelqu’un quel style musical ce soir. Il répond rock transe. Indéfinissable donc Portishead, il y a bien le rock des guitares, le lyrisme de la voix de Beth, le hip hop des platines, le trip hop des bruitages environnants, l’électro de l’influence plus noise nouvelle.

Fin du seul rappel qu’ils concèdent, Beth descend devant le premier rang serrer la pince à ses fidèles, humaine, disponible, jeune femme de la campagne nature et simple qu’elle demeure dans sa bulle hors médias toujours. On aime Portishead pour le vrai plaisir de la musique, pour l’émotion de ce timbre caressant qui se laisse porter par la force parfois et emporte dans son sillage irrémédiablement.

Le Zenith souffre un peu de sa mauvaise acoustique malgré tout dommage et les gadgets téléphoniques vidéos ont eu leur heure de gloire, tâches de lumière éparses dans la fosse sage.

Ils sont classes les gars de Bristol qui ont attendu 10 ans avant de refaire le bonheur de fans patients, avant de retrouver l’inspiration et l’envie de la scène sincères. Et bien ça valait le coup, la patience paye. Ce soir le voyage a été trop bref, une heure et demie quand même, mais qu’il fut bon…

 

 

 

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 20:52
    J'aime les filles. Celles qui chantent avec cette sensualité, cette majesté, cette simplicité et cette désinvolture qui fait la classe des grands artistes.


J'aime la douceur de Beth Gibbons (chanteuse de Portishead). Son timbre larmoyant qui appuie sur mélancolie dès que les notes s'échappent.
Sa justesse qui n'est jamais ennuyante pour autant, l'aigue de sa voix angélique qui suscite tant de gravité.
Son attitude nonchalante, minimaliste qui rend à la composition tout son mérite.
La palette d'émotions qu'elle décline au fil de mélodies tendres ou affirmées.




J'aime le country moderne de Chan Marshall alias Cat Power. Son glamour inhérent, cette voix qui se casse juste un peu sans s'embarrasser de vibrato inutile. Sa rock'n roll attitude de fille qui balade ses jolies yeux eye linés et sa frange inusable sur des morceaux pas forcément ambitieux mais authentiques.



J'aime le bjorkisme de Brisa Roché, froide beauté à la voix  au timbre texan légèrement nasillard et usé.


J'aime l'univers enfantin des soeurs Coco Rosie, ponctué de sonneries de vélos, de bruits de la nature et de bizarreries féériques.
Leur look improbable qui les rend reconnaissables entre 1000.
Le sentiment de régression rassurant qui gagne à mesure que les sons se suivent et créent une passerelle vers l'insouciance.





J'aime la voix qui sature d' Olivia de The Do, notre duo francophone qui fait plaisir aux tympans avec son folk, hip hop, rock, country non élitiste. Toujours un peu sur le fil, en force parfois, à la limite de la brisure, comme les imparfaits de Régine Chassagne la canadienne de la team déjantée d'Arcade Fire. Cette fragilité touchante qui va de pair avec son physique de poupée de porcelaine déglinguée.



J'aime les dissonances de Natasha Kan de Bat For Lashes, l'ambiance fantasmagorique des rythmes lancinants qu'elle accompagne de sa voix suave et envoûtante.
Et comme dirait Thom Yorke, je deviendrais bien aussi un loup pour cadrer dans le paysage et m'y fondre.

Alors là je sens poindre en moi le "girl power", cette espèce de fierté crétine et discriminatoire pour mes semblables. Mais pour le coup, allez, je m'octroie le droit d'une crise de féminisme car c'est pas tous les jours que ça risque de m'arriver...

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 22:09
Comment ça je manque d'objectivité?
Sous prétexte que l'un des membres fondateurs de ce fameux groupe français en passe de devenir le nouveau Radiohead vit sous mon toit, je n'aurais pas droit au chapître? Oui oui et bien moi je dis "liberté d'expression"!
Je m'emballe, d'accord mais quand même, il faut avoir écouté avant de se prononcer. Et je sais de quoi je parle, mon ipod tourne en boucle sur les mélodies "mélancoliques", au sens littéraire du terme j'insiste, du groupe découvertes il y a quelques mois sur myspace.
Parce qu'avant de faire du compositeur mon cher et tendre, j'ai été une vraie fan de la première heure.

Pas du genre groupie, j'ai arreté les idôles dans les années 90 avec la mort de Kurt Cobain et la chute des posters de mes murs simultanément. Non plutôt du style: respect, admiration discrète, émotion sincère.

L'univers de Static comme son nom l'indique, c'est la contemplation, l'esthétisme, l'envolée lyrique. Une voix cristalline d'un chanteur mignonet avouons-le (non non celui-ci n'est pas le mien, et le mien est plus que mignonnet mais cela ne regarde que moi bien entendu), posée sur des lignes musicales ennivrantes et enchanteresses.

Un mix réussi du mélotron des Beatles, du Rhodes de Portishead, de l'attitude  poétiquement dépressive de Jeff Buckley, du charme charismatique des garçons d'Aaron et de la féérie enveloppante de Syd Matters, mais en version inédite.
Un style qui ne se classe pas, entre pop, trip hop, jazz avec la douceur d'un Cinematic Orchestra, la sensualité d'une Sia, le darkness d'un Muse.
Mais je m'égare, impossible de cataloguer une musique qui brille par sa différence, sa créativité.

Au programme un album pour la rentrée certainement parce que je ne suis quand même pas la seule à avoir repéré les qualités indéniables de ce groupe, sinon je n'oserais m'étaler ainsi sur le sujet.

Une seule adresse donc pour se faire sa propre idée sur les morceaux de Benoît et de Jean-Baptiste:
www.myspace.com/staticobserver
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