Rachel
Zoe c’est simplement son prénom. Son nom est Berman, moins glam : première stratégie marketing de la petite mégère qui a huit ans relookait son voisin qu’elle trouvait mal affublé, et à
treize s’offrait avec l’approbation des ses riches parents son premier Vuitton …
Diagnostic : mégalomanie prématurée qui l’amène à se vanter aujourd’hui d’être plus prescriptrice qu’Anna Wintour herself…. Damned.
Son premier miracle elle l’accomplit en 2003, en s’attaquant au cas Nicole Ritchie, à l’époque vampirisée par une Paris Hilton longiligne mais néanmoins
sans cervelle, qui fait de l’ombre, malgré sa taille 34, à la bouboule Nicole.
Se souvient-elle lorsqu’elle pare Nicole d’accessoires en tout genre passant de la lunette extra large - dont elle devient au passage
l’ambassadrice- aux bracelets innombrables pendus à ses poignets graciles, qu’elle souffrit adolescente, de s’être marginalisée à force de surlooking extrême ?
Rachel frise la quarantaine mais a toujours le look d’une jeune femme pimpante et colorée, robe longue folk qui signe son style très tôt, alors que l’époque de sa
jeunesse dans les années 90 ( si tant est que sa datation soit véridique) prônait les épaules réhaussées et la taille scindée.
Sa recette miracle consiste en un look qui mixe bohême, rétro et allure nonchalante et désinvolte. L’avènement du vintage c’est un peu elle, le clutch en bout de
bras, toujours elle, la robe qui caresse le tapis rouge hollywoodien, définitivement elle.
Parmi ses disciples Lindsay Lohan, Keira Knightley, Cameron Diaz, toutes caractérisées par une minceur qui tutoie l’excès et qui va valoir à
Rachel la démission de sa plus belle œuvre Nicole, entraînant avec elle les médisances (avérées ?) de la presse à l’égard des pratiques nutritives douteuses de la styliste.
Liv Tyler et Demi Moore étrangement fines pour des femmes naturellement voluptueuses, lui restent fidèles…
Son oeuvre : Style from A to Zoe, un recueil didactique des commandements de la miss à destination de toutes les fans incompressibles du style bobo chic
largement répandu depuis que tellement de stars l’ont adopté. Vendu à des milliers d’exemplaires, il préfigure une émission de télé sur les tendances et conseils mode de la prêtresse mini format
et bientôt une ligne de vêtements et accessoires … Business is business .
Budget à prévoir pour s’allouer ses services : 4000 dollars la journée.
Son mérite : s’être embrouillée avec l’intouchable Anna Wintour et se faire refouler des défilés de plus en plus approximatifs du grand Marc Jacobs.
Face à la crinière blonde de la californienne « Zo », la chevelure rouge ondoyante de la new yorkaise Patricia Field fait office de rébellion
ultime.
Styliste cinéma et télévision, c’est à travers le désormais légendaire Sex & the city que la charismatique Patricia Field va s’illustrer relookant une à une,
Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda et donnant ainsi une âme à la série.
On peut néanmoins s’inquiéter des déviances vulgarissimes et ostentatoires qu’elle fait parfois subir à miss Bradshaw …
Pourtant ce style reflète plutôt fidèlement celui des new yorkaises branchées, à coups de robe à fleurs et de fourrures de diva. Qui a oublié la mode de la
chaînette avec pendentif nominatif strassé qui s’est répandue dans tous les coins de France dans la foulée de la diffusion de la série ?
C’est elle aussi qui est responsable des looks irrésistibles du film « le Diable s’habille en Prada » (seule
réussite de cette adaptation par ailleurs). C’est elle encore qui en 2007 avait collaboré avec ASOS pour une ligne de prêt-à-porter féminin. Vous aurez peut-être d’ailleurs remarqué que récemment
sur le site, les fameuses warriors qui se sont arrachées en 24 h, sont les imitations des Dior que Patricia Field a fait chausser à SJP pour remplacer ses cultissimes Manolo Blahnik…
Patricia Field est un personnage emblématique des nuits underground new yorkaises qui a ouvert sa première boutique il y a plus de 40 ans.
Son point fort : le culte de l’extravagance, l’affranchissement de toute règle de tendance, l’audace.
Le ratage : allez faire un tour sur son site internet, difficile d’y retrouver l’âme d’un Sex & the city, l’emphase stylée d’une Carrie, seulement du cheap
à prix chers... Seule une ceinture cloutée portée dans l’adaptation cinématographique de Sex & The City aurait pu retenir mon attention si elle n’avait coûté 120
dollars…
Dans cette guerre du cheveu coloré qui en dit long, la brunette neutre Camille Bidault Waddington fait figure de force tranquille.
Une anglaise qui a émigré en France il y a une dizaine d’années .
On l’aime d’emblée lorsque l’on sait qu’elle est mariée à Jarvis Cocker le chanteur du groupe Pulp de la scène underground britannique. Une fille
qui a du style, du caractère, de la classe sans avoir besoin de l’afficher haut et fort.
Son credo : « l’ennemi de la créativité est le conformisme et se laisser effrayer par ce que les autres peuvent penser de ce que vous faîtes. Vous devez
faire fi de tout jugement extérieur, car si vous commencez à demander l’avis autour de vous , vous êtes foutue. »
De la bouche d’une fille qui collabore avec les magazines Vogue Italie, Japon, Chine… qui a travaillé avec les photographes les plus talentueux tels que Juergen
Teller, Mario Testino et Terry Richardson, pour des séries mode publiées dans Dazed and Confused, the Face, Pop ou Numéro, une fille qui fait du consulting pour Marc Jacobs ou Chloé, qui pose
pour une campagne APC en 2007, ce conseil éclairé devrait être pris comme parole d’évangile.
Camille Bidault est une jeune femme d’allure plutôt simple, entre une Sofia Coppola et une Jade Jagger, une brunette bien taillée à la moue austère qui a tout
compris au style sans fioritures, sans ostentation. Elle a cette appréhension instinctive du bon goût, qui, à ce niveau ne s’apprend plus mais peut toujours se suivre. Faute de mieux…
P.S : Et comme vous pouvez le voir ci-dessus, chaque modeuse ayant son inspiration ( le mien est un vrai mécène...pour le moment…), un merci à lui de m’avoir
soufflé l’idée judicieuse de ce sujet.