Les passionnés me comprendront. J’aime la passion. Un pléonasme ? Non juste une obsession. Vivre sans passion, c’est vivre sans raison. Et ce n’est pas seulement pour la rime que je vous sors ce lieu commun... C’est parce que j’en suis intimement convaincue.
Sur le créneau de la passion je pense que les auteurs allemands de l’époque romantique comme Goethe avaient déjà tout dit. On m’a fait remarquer récemment que mon style d’écriture (en dehors de ce blog) ressemblait à celui de Stefan Zweig. Je me suis aussitôt replongée dans la lecture de 24h de la vie d’une femme, l’une de ses œuvres lue il y a quelques années et également dans la découverte de Lettre d’une inconnue paru récemment. Aurais-je la prétention de dire que je me suis retrouvée dans le style des lignes de cet auteur hyper sensible qui dépeint la passion (amoureuse en l’occurrence) avec une précision du sentiment absolument renversante ?
Certainement pas. Mais en revanche je me suis reconnue dans la brutalité du sentiment qui est décrit, dans l’incroyable magie de cette passion, dans sa cruauté aussi. Je me suis reconnue dans la cadence haletante des sentiments croissants, dans le paroxysme d’une béatitude que seule la passion tutoie. Je me suis retrouvée dans les détails d’un ressenti qu’il est si dur de capturer, ce que Zweig accomplit avec un talent inégalé il faut bien le reconnaître.
Chaque ligne, chaque circonstance m’a rappelé un événement vécu. Des dizaines de fois j’ai souri en pensant à mes propres expériences, à mes propres sensations en parcourant ces deux oeuvres. Des dizaines de fois j’ai repoussé le livre bouleversée par la pertinence du sentiment décrit, décontenancée par cette évidence si difficilement dicible, émue par la réminiscence nostalgique qu’il a provoqué. Je l’ai repoussé aussi pour toutes les douleurs enfouies qu’il a su réveiller en quelques mots.
Est-ce que toute une vie peut basculer en 24h ? Bien entendu. Est-ce que la passion est la meilleure raison pour tenter ce virage radical ? Certainement.
Chaque passion est différente en but et en motif. Mais son accomplissement, son monopole sur le cœur, son emprise sur soi sont communs à tous les passionnés je crois. Elle étreint sans laisser le choix, elle détourne de tout, du reste, du raisonnable parfois. Elle comble d’un bonheur extatique absolument indescriptible et tout à fait subjectif et parfois elle détruit avec la même puissance avec laquelle elle a su nous rendre heureux. C’est exactement le propre de la passion, cette ambivalence, ce danger aussi irrésistible que préoccupant, aussi grisant que néfaste.
Heureusement que certaines d’entre elles sont moins nuisibles que d’autres. Et si je passe des heures à
écrire passionnément ce blog, à y parler de mode et de superficialité réconfortante, c’est peut-être parce que certaines passions n’ont de risques que matériels et que celles-ci doivent donc être
vécues sereinement, sans complexes, sans craintes car elles sont pur plaisir. Je suis d'ailleurs particulèrement touchée par vos commentaires qui prouvent que cette passion arrive à transparaître
à travers ce blog.
Pour toutes les autres passions, je laisse à chacun d’entre vous le soin de juger de leur légitimité... Et je
vous quitte en musique avec l’une des chansons les plus sensuelles en la matière, qui m'a rattrapée tout à l'heure dans le métro... Parce qu’entre autres passions,j’ai également celle de la
musique... Mais promis, je ne sortirai pas mon grand couplet ce soir à ce sujet !
Il y a des livres comme ça qu’on aurait aimé
écrire. Ou plutôt il y a des livres que l’on aurait pu écrire... si l’on avait su le faire avec le même talent.
Je
trouvais le titre très prometteur. Ca aurait pu être celui d’une chanson de Gainsbourg ou d’un film ringard des années 90. Moi je lui ai trouvé ce quelque chose de délicatement sombre, de
délicieusement romantique qui effleure le cliché de mauvais goût en lui gardant tout de même ce qu’il faut de mystère. Je savais pourtant qu’il s’agissait des écrits d’un jeune homme évoluant
dans le sillage des NAAST, ce groupe aussi talentueux que fulgurant de la jeune scène rock dandy française….
Il est
toujours difficile de savoir par où prendre l’émotion. Comment lui rendre justice, la transmettre quand elle submerge avec autant de divine puissance. J’aime les livres, leurs titres, leurs
couvertures, leurs secrets qui viennent s’empiler en nombre dans les étagères débordantes de ma chambre.
La cruauté est un vilain défaut qui ravit
souvent les âmes perverses. Les Liaisons Dangereuses ont marqué la littérature du sceau de la transgression amoureuse par excellence. Son trio romanesque résumait brillamment la
complexité des relations amoureuses, la perdition dans laquelle entraînent les passions.
Hier je suis allée dans un village naturiste. Je
pourrais tenter de vous expliquer pourquoi mais évitons les digressions fastidieuses et inutiles. Pour résumer il y a dans l'histoire mon meilleur ami, notre intimité réciproque qui n'est
désormais plus un secret pour personne et une pinède, sans mauvais jeux de mots dans le contexte. C'est pourquoi aujourd'hui j'ai eu envie de vous parler du livre d'Arnaud Sagnard,
Vous etes sur la liste? Aucun rapport avec la choucroute me direz-vous. Justement si. Car le sydrome du paradoxe étant prédominant chez moi, cette expérience de la nudité, cette plongée
en pleine nature humaine comme environnementale, a eu un effet de mise en exergue de la pertinence de la branchitude comme contexte d'évolution habituel. Sans compter la véhémence très légitime
d'une lectrice de passage sur le blog récemment, à ce sujet précisément.
Le titre à lui seul est un régal. Et quand je ne
connais d'avance ni l'histoire, ni l'auteur, un titre à lui seul suffit à me faire succomber.
Chaque femme a un fantasme inassouvi qui sommeille en
elle secrètement.