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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 00:01

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Et Dieu sait que la mienne est longue... J’ai l’envie constante et le désir insatiable. C’est certainement la première raison qui m’a donné envie de lire ce livre. Son titre.

Pourtant… Si je m’avoue coupable d’une accumulation de biens dérisoires dont le seul but est certainement de me procurer du plaisir instantané et de m’ancrer dans une vie somme toute si fragile, je reconnais que la seule envie, le seul besoin véritable à une existence entière, c’est le bonheur. Et que ce bonheur ne vient que d’une chose, qui est totalement immatérielle : l’amour.

C’est donc certainement pour cela que j’ai dévoré ce soir le livre de Grégoire Delacourt. D’abord conquise par une première partie dénuée de toutes fioritures de langage, séduite par ce style scindé, efficace, qui va à l’essentiel et qui est peut être le seul signe qui trahit l’écriture d’un homme derrière les mots du narrateur féminin.

Jocelyne travaille dans une mercerie à Arras, elle aime Jocelyn d’un amour tendre et pourtant parfois injustifiable, mais avec une sagesse émouvante. Le deuil de la passion qu’elle console par la lecture de Belle du Seigneur et les affres de l’amour assassin est d’une tristesse aussi pathétique que sublime. Car au-delà de la résignation, il y a pour de vrai l’amour de celui qui lui permet d’accéder à un bonheur, son bonheur, qu’elle finit par aimer au-delà de toute quête déraisonnable que sa nature profonde pourrait lui indiquer de suivre.

Et puis un jour il y a l’imprévu, l’impensable, celui que certains nomment bonheur alors que pour d’autres il n’est que méfiance. L’argent, le moyen d’accéder à tous les rêves qu’on a tus, d’en offrir à tous ceux qu’on aime. L’argent, le changement qu’il implique, le renouveau auquel il invite, les risques qu’il comprend… Puis il y a l’histoire de Jocelyne, aussi crédible que romanesque qui se raconte sans faux semblants, mêlant la beauté d’une authenticité rare et d’une médiocrité brutale. Confrontant la grâce des sentiments à la trivialité du matériel. Il y a l’idée que pouvoir tout faire, tout avoir est peut être la fin de tout désir et ainsi de tout bonheur. Que pouvoir tout faire, tout avoir est peut être le début de la liberté, la chance absolue de pouvoir choisir sa vie. Il y a la persistance de l’amour, sincère, puissant, qu’aucun billet de 500 ne pourra jamais s’offrir.

C’est peut être d’avoir pu visualiser une balade sur la plage du Touquet que je connais par cœur et dont il est question dans le livre, c’est peut être de savoir qu’avoir beaucoup d’argent ne suffit pas à être heureux et l’empêche même parfois, c’est peut être d’avoir été personnellement touchée lorsque Jocelyne raconte la nourriture humaine irremplaçable que constituent les mots de soutien des lectrices de son blog, qui ont fait de cette lecture un vrai beau moment d’oubli littéraire autant que de réalité mise en mots. Un vrai beau récit de vie, d’amour, qui aborde avec une jolie sensibilité et une plume très agréable ,les moments charnières d’une existence, qui font d’elle un amalgame de détresse tragique tout autant que de magie imprévisible.

 

Morceaux choisis :

« Le plus beau du monde il n’a besoin de rien, puisqu’il a tout le monde. Il a sa beauté ; et l’irrépressible fringale de toutes celles qui veulent s’en repaître et finiront par le dévorer et le laisseront mort, les os bien sucés, brillants et blancs, dans le fossé de leur vanité »

« Etre riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça »

« Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont nos petites choses à faire, qui nous projettent à demain, et à après-demain, dans le futur ; ces petits riens qu’on achètera la semaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivants. »

«  Belle du Seigneur était peut être le livre de la perte et Jocelyne le lisait pour mesurer ce que qu’elle avait sauvé »

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Published by Laure - dans Les mots
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commentaires

dumdum 12/09/2012 20:53

J'ai envie de lire ce livre suite à votre merveilleux et excellent commentaire... et ce n'est pas la première fois que ça m'arrive suite à vos critiques littéraire. Bravo

Laure 14/09/2012 20:11



merci!



Miss Agathe 12/09/2012 14:28

Tout comme toi j'ai adoré ce livre : la plage du Touquet, la liste des besoins, la liste des envie et la liste des folies... Un petit bijou qui nous rappelle que l'essentiel est d'avoir envie et
qu'aimer est la plus belle des envies!!!!!!

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